Wednesday, November 29, 2006

La lune boit

Elle se cache peut-être derrière les nuages, mais continue de briller. Ivre de femmes et de culture.

J'ai passé notamment beaucoup de temps sous terre, à enregistrer de nouvelles maquettes, hanté par de sombres visions et des éclats de lumière. J'ai posé mes doigts sur les 88 touches blanches et noires d'un piano de nouveau complice de mes sentiments et de mes émotions. J'ai écrit de nouvelles choses, dont une chanson d'une phrase, à chanter d'une voix triste et fatiguée de fin de soirée, une cigarette aux lèvres, le sourire au bout des doigts, une chanson qui pourrait s'intituler "Notre-Dame-des-saoulards".

J'ai donc eu besoin pour ne pas devenir totalement fou comme Antonin Artaud, entre ma vie diurne contraignante et mon histoire d'amour ("J'ai fait l'amour, j'ai fait le mort." Comme l'écrit Bashung.), de m'évader sur des terrains inconnus ouverts par toutes sortes d'adjuvants. L'équilibre sur Terre entre le ciel et le sous-sol n'est pas toujours aisé, et ce genre de chemin doit parfois être pris pour retrouver le bon. Se perdre pour mieux se retrouver.

Ainsi de belles choses arrivent. Et je ne parviens jamais à m'abandonner à la neurasthénie. Je ne sais d'où me vient cet éternel optimisme pour la vie, même si cette vie doit être rythmée d'états d'âme parfois délicats. J'ai eu l'occasion lundi dernier d'être pour la première fois interviewé à la radio, une expérience tout à fait réjouissante et très amusante, je dois l'avouer. Malgré mes craintes, je fus spontané, faussement pédant et très heureux tout au long des 50 minutes de présence radiophonique. Et puis, je joue de nouveau dans une de mes salles parisiennes préférées, le Batofar le 6 décembre, et j'ai grand'hâte de cette date qui promet d'être furieusement fougueuse. Pour la nouvelle année, je me produis seul au piano le samedi 13 janvier au Divan du Monde, une date qu'il ne faudra manquer sous aucun prétexte, une date où je serai métaphoriquement dénudé pour vous. Il n'y aura plus que la sève, mes textes, et les racines, mon piano. En période hivernale, peu d'arbres peuvent se targuer d'autant de vie.

Et pour votre allusion à mon badinage myspacien, sachez qu'il faut vivre avec son temps! Ce qui est la plus difficile des choses, pour nous qui aimerions tant conserver une rassurante constance. Le temps s'accélère, et l'angoisse demeure. Alors que nous voudrions qu'elle disparaisse avec lui.

Hélas, la lune elle aussi a ses cycles et elle ne peut pas demeurer éternellement pleine.