Friday, July 28, 2006

Quitte à baiser...

... autant le faire salement, puisque telle est la tendance. Pas avec des petits soupirs d'adolescente, des frissons de pucelle, et des yeux fermés sur un monde aux couleurs du magicien d'Oz. Pas en essayant de reproduire les déhanchements d'une Kylie Minogue, les battements de cils d'une Winona Ryder ou les inquiétudes d'une Avril Lavigne. Et surtout être dans la quête de l'orgasme qui s'étale sur trente minutes, où les moments de calme n'ont pas place dans la pluie des sueurs mêlées.

Uffie est comme cela. Elle attend en hochant la tête, les cheveux qui collent à sa tempe, les yeux impatients, ready to fuck. Et puis elle passe devant le DJ, dont les mains se font soudain plus lubriques sur les sillons rugueux. Derrière elle, il est tout à son aise, et il semble qu'elle puisse presque sentir sa respiration saccadée sur sa nuque tandis que les coups de basse lui tappent sur les fesses. Comme pour mieux s'abandonner dans cette exercice qui semble faire cette promesse de ne jamais s'arrêter, elle s'accroche à une barre d'acier au plafond, comme dans l'attente d'un éventuel intervenant masochiste et fixe la foule en hurlant que les hommes qu'elle rencontre n'ont absolument rien dans le caleçon, qu'ils sont tous des demi-moux, qu'elle a jamais demandé qu'on lui fasse l'amour, bordel de merde, et que les romantiques c'est pour les gamines, putain, je veux être prise comme une pute, alors sors ton engin et fais un effort pour que ca redescende pas. Et dès que ça ne va plus, entre deux vers, quand la horde de lions affamés de suc vaginal semble avoir détourné les yeux, elle recommence à hurler jusqu'à la déraison, sa voix claquant dans le microphone comme le fouet d'un dompteur dans une poussière ocre. Do you dig that shit? Rugissements.

Hé, Papa, c'était comment la baise dans les années soixante?