Friday, July 28, 2006

Quitte à baiser...

... autant le faire salement, puisque telle est la tendance. Pas avec des petits soupirs d'adolescente, des frissons de pucelle, et des yeux fermés sur un monde aux couleurs du magicien d'Oz. Pas en essayant de reproduire les déhanchements d'une Kylie Minogue, les battements de cils d'une Winona Ryder ou les inquiétudes d'une Avril Lavigne. Et surtout être dans la quête de l'orgasme qui s'étale sur trente minutes, où les moments de calme n'ont pas place dans la pluie des sueurs mêlées.

Uffie est comme cela. Elle attend en hochant la tête, les cheveux qui collent à sa tempe, les yeux impatients, ready to fuck. Et puis elle passe devant le DJ, dont les mains se font soudain plus lubriques sur les sillons rugueux. Derrière elle, il est tout à son aise, et il semble qu'elle puisse presque sentir sa respiration saccadée sur sa nuque tandis que les coups de basse lui tappent sur les fesses. Comme pour mieux s'abandonner dans cette exercice qui semble faire cette promesse de ne jamais s'arrêter, elle s'accroche à une barre d'acier au plafond, comme dans l'attente d'un éventuel intervenant masochiste et fixe la foule en hurlant que les hommes qu'elle rencontre n'ont absolument rien dans le caleçon, qu'ils sont tous des demi-moux, qu'elle a jamais demandé qu'on lui fasse l'amour, bordel de merde, et que les romantiques c'est pour les gamines, putain, je veux être prise comme une pute, alors sors ton engin et fais un effort pour que ca redescende pas. Et dès que ça ne va plus, entre deux vers, quand la horde de lions affamés de suc vaginal semble avoir détourné les yeux, elle recommence à hurler jusqu'à la déraison, sa voix claquant dans le microphone comme le fouet d'un dompteur dans une poussière ocre. Do you dig that shit? Rugissements.

Hé, Papa, c'était comment la baise dans les années soixante?

Thursday, July 13, 2006

"J'ai mon T-shirt Wild Thing"

C'est une pub pour Calvin Klein en dessous?

Non sérieux... Tu t'es mis aux amphétamines?

Rires, à très bientôt.

Tom

Wednesday, July 12, 2006

Paroles, paroles, paroles

Tuesday, July 11, 2006

La perte du temps

Trois jours dans le Sud à oublier qu'il existe un monde qui vit, avec ses appartements étouffants, ses mayonnaises qui tournent, ses fanatiques ruissellants, ses deadlines, ses retards, ses avances, ses plannings, ses chicanes, ses femmes aux sourires lustrés au rouge à lèvres vulgaire, ses guitares désaccordées, ses cigarettes écrasées dans des cendriers qui n'ont pas été vidés depuis des mois, ses hypocrisies mondaines, ses jambes de putains qui donnent à la Terre son déséquilibre, ses alcools de nuit, ses jeûnes de jour, ses vieillesses et ses morts.

Trois jours à se dire que toutes les tensions du monde peuvent disparaître dans la douceur d'un baiser et nourrir l'ivresse d'une étreinte jusqu'au grand frisson, celui qui vainc la chaleur en quelques spasmes.

Trois jours à plonger dans des yeux plutôt que de plonger dans la mer, à marcher sur des lunes pas encore pleines plutôt que de marcher sur le sable, à suer dans des instincts animaux drogués au sentiment humain plutôt que de se laisser dorer par le soleil, à préférer rester nu dans une vie civilisée plutôt que de mourir dans l'habit du moine.

Trois jours à ne presque rien dire tant les mots du silence ont d'épaisseur de sens, tant l'apaisement ne tient qu'à l'écoute de ce qui nous est offert, tant la musique du bonheur n'a besoin que de la mélodie de l'âme, du rythme des corps et de l'harmonie du coeur.

Trois jours, parait-il.