Friday, May 12, 2006

Aujourd'hui, l'été, hier, l'hiver

C'est bientôt l'été. En tout cas, c'est mai. Et les terrasses se multiplient sur le béton.

Avec quelques amis nous avons délicieusement théorisé cette période de terreur masculine: la hantise de tomber amoureux, de cet amour qui ne durera qu'un été. En hiver, nous, les garçons au teint pâle et au regard fuyant, nous nous cachons sous des manteaux sombres, à la recherche de femmes qui réchauffent et auxquelles nous sourions de désir. En été, tout change, et nous croyons à un monde nouveau, celui d'un amour qui ne s'éteindra jamais. Mais les Romantiques sont toujours là pour nous rappeller qu'il existe un automne, alors qu'en hiver, tout est destiné à la mort de toute façon. Alors, il vaudrait mieux préférer l'hiver.

Mais nous y croyons toujours. Les guitaristes bohême s'enduisent de mélopées sirupeuses, les cocktails frais et sexy se reproduisent sur les comptoirs, et les jeunes filles d'un air chaloupé se balancent le long des rues, l'insouciance plein le coeur, et l'innocence plein la poitrine. Tout est pratiquement beau.

Ce soir, j'avais mis ma chemisette préférée, et sans sac ou besace aucuns, le téléphone éteint, je me baladais le long des trottoirs d'un Paris désert à l'aube de la fermeture des débits de boisson. Le long du Jardin des Plantes, je sentis jaillir en moi un parfum de liberté totale à l'odeur des herbes fraichement coupées de pelouses que l'on voudrait immenses.

Demain, je me produirai à la Taverne des Alchimistes, une rencontre de saison. Demain, j'espère seulement ne pas croire à ce que je découvrirai, mais plutôt m'en empiffrer jusqu'à la satiété.