Wednesday, March 29, 2006

Je finirai seul

Et ce sera bien, peut-être.

Sans personne. Sans amour qui détruit, sans sentiments qui font perdre la tête, sans angoisses quant aux existences des autres, sans préoccupation politique, sans peur de l'avenir. Il n'y aura plus rien. Juste de la vie. Sincère, spontanée, naturelle, sans la perversion de la ville, sans les âmes perdues, sans les sourires qui ne vaudront jamais un baiser, sans les rires qui ne valent pas de belles larmes.

J'aurai quoi? 35, 45, 75 ans? Y aura-t-il des gens pour sangloter? Y aura-t-il des sanglots pour écrire des livres? Y aura-t-il des livres pour masturber les critiques? Y aura-t-il des critiques pour fournir les manuels d'Histoire?

Le je m'en foutisme m'a atteint. Il n'y a plus qu'à écrire des chansons.

Et rêver. Mmmmmmmmmmmm.

Tuesday, March 21, 2006

Se souvenir des vieilles choses

Seul dans le velours chaleureux échappant au froid arctique de ce printemps bien étrange, loin de l'effervescence punk et new wave de mon habituel rendez-vous de débauche du lundi soir, je me fis un plaisir de réécouter ces perles que j'avais oubliées dans ma discothèque et que les magazines spécialisés semblent ignorer aujourd'hui, l'heure étant aux hurlements sur des triptyques d'accords barrés.

Les yeux fermés mais les oreilles propres, je m'émerveillais donc sur le premier disque du Lamb lies down on Broadway de Genesis, assurément visionnaire avec cette voix d'autre part, celle de Peter Gabriel, qui change de personnage en permanence, dans des técitures insoupçonnées, cette batterie à la fois simple et complexe, celle de Phil Collins avant qu'il n'écrive pour Disney, cette basse qui cogne, ces couches de sons de guitare, les claviers indispensables et cette production dégustable comme du sucre de glace sur une galette des rois.

Puis je me suis plongé dans la chanson Starless de King Crimson, et sa longue montée de guitare sur six minutes, note après note sur deux octaves en cinq pour quatre. Et puis, l'album Déjà Vu de Crosby, Stills, Nash and Young avec leurs voix si typiquement seventies, ces paroles stupides mais cette harmonie qui provoque les sourires satisfaits. J'ai vibré sur l'entrée de la batterie et de la basse sur le No Quarter des Led Zeppelin sur Houses of the Holy, et ce pont aérien autour de notes de piano qui sonnent comme autant de perles de rosée dans une bruine crépusculaire.

Et je suis revenu à Genesis. "I need someone to believe in, someone to trust. I'd rather trust a countryman than a townman. You can judge by his eyes take a look if you can. I'd rather trust a man who works with his hands. He looks at you once, you know he understands. But down here, I'm so alone with my fears. I got to find my way."

Je viens de là-bas. Comment ai-je fait pour arriver ici, je l'ignore. Mais j'y resterai. Ou j'irai peut-être un peu plus loin.

Saturday, March 18, 2006

Laissez-moi vous rappeller...

...que Charles-Baptiste joue en acoustique ce soir samedi à 22h30 précises au Shebeen pour la troisième fois en deux mois. Toutes les informations nécessaires et inutiles se trouvent sur la page www.myspace.com/charlesbaptiste que je vous recommande d'aller visiter si vous ne l'avez toujours pas fait. Ah, je vous envie, vous qui allez vous y rendre pour la première fois, l'instant de la découverte, mmm...

Trois raisons de venir:
- Sortir le samedi soir ce n'est pas très classe, alors autant se rendre à un concert.
- De nouvelles chansons seront charles-baptisées.
- Julien Coulon, l'ingénieur du son usuel, ne sera pas là et remplacé par le leader du Popklub Arsenal Miggles (ex-Parisian).

Que demande le peuple chic?

Thursday, March 16, 2006

Je suis...

Je suis... celle qui depuis quelques temps déjà vient prendre une bouffée d'air frais sur ce forum que j'apprécie. Merci pour les compliments CB, je te les retourne : j'aime beaucoup ce que tu écris.

Je me permets de publier un autre de mes textes.


Réminiscences d’un dimanche

Le déchaînement est alentour mais mon cœur apaisé :

Implosion kaléidoscopique de l’esprit,
Eclatement cyclono-ionique de la feuillée ;
Sereine et bouillonnante je souris.

Le monde est alerte et mes pensées vives.

Les dimanches pluvieux sont si rares
Et elle est si gourmande,
Cette autre aux désirs épars…
L'apprentie-poétesse

Mais qui es-tu?

C'est très beau, ce questionnement.
La forme, particulièrement,
Si peu usitée sur cette page
Aux horizons poétiques.

Et une parole de femme, aussi.
Cela rafraichit. Cela fait du bien.
Je le relirai. Demain matin.

Wednesday, March 15, 2006

Questionnement

I

Mélopée mélodique et médullaire
Longtemps refoulée aujourd’hui elle rapplique
J’existe maintenant. Vivante et rhapsodique
Parmi l’enfer des décadents et le manichéisme binaire
J’existe maintenant
Noire et blanche
Cruelle et candide
Pure et machiavélique
Libre et captive

Alors c’est ça ? Savoir qui l’on est ?

II

Le stress a beau m’étreindre,
Ce ne sont pas ses morsures qui me font exulter
Les meurtrissures disparaissent, exaltées
Je n’ai plus à perdre ni à feindre

Me voici lourde et remplie
Adieu, ma carapace, adieu ma coquille vide
J’existe maintenant. Vivante et rhapsodique
Je dégouline d’amour.
Et je hurle encore et je scande toujours
Pour que persiste l’hémorragie salvatrice.

Tuesday, March 14, 2006

Tournant ou tornade?

Si cette vie parvient à un tournant, il y a intérêt à ne pas le rater. Il faut gérer le léger ralentissement au moment d'y arriver, puis doucement accélérer au point critique. Ce n'est pas si facile. A 24 ans, je refuse encore le(s) code(s), donc loin de moi tout permis de conduire. Pourtant, c'est peut-être à ce point critique du tournant qu'il faudra tout passer en même temps. J'ai peur. Il n'existe pas de barrière pour m'éviter le ravin. Attention aux prologues.

Si au contraire je me trouve dans une tornade, que je suis pris dans un tourbillon de tournants infinis autour de moi, la tête me tourne et je ne sais que faire. Le perpétuel et nécessaire mouvement de l'instant. A 24 ans, j'en viens presque à rêver d'un service militaire. Caprice de petit-bourgeois? Sans doute, mais avancer, toujours, sans réfléchir, en voilà un joli rêve. Gare à l'épilogue.

Je n'ai toujours pas prévu de sommaire, et j'ai cependant l'obsession du chapitrage. Que les idées me fuient et je les poursuivrai jusqu'à plus souffle.

Thursday, March 09, 2006

Cette chanson s'appelle "Notre Goncourt"

J'ai peut-être tourné la page
Mais je ne l'ai pas déchirée
Car si tu ne fus que de passage
Tu restes mon passage préféré

Tu sais, la concurrence est sauvage
J'ai des histoires plein mes cahiers
Mais tu ne saisiras pas le message
Si tu lis la fin en premier

Ecris-moi un souvenir
Une carte postale
Une lettre de désir
Un mémoire ou une annale
Envoie-moi un petit mot
Et si tu peux un assemblage
De jolies phrases et de photos
Qui serviront de marques-page


J'ignore si tu es devenue sage
Ou si tu n'as pas du tout changé
Pourtant je trouverais dommage
Qu'une relecture soit écartée

Maintenant qu'est passé l'orage
Que mis au propre sont les feuillets
Que je me suis livré, en gage
Promets-moi de nous relier

Ecris-moi un souvenir
Une carte postale
Une lettre de désir
Un mémoire ou une annale
Envoie-moi un petit mot
Et si tu peux un assemblage
De jolies phrases et de photos
Qui serviront de marques-page


Cela vient toujours avec l'âge
La force de pouvoir corriger
Ce à quoi l'on veut rendre hommage
Et ce que l'on veut oublier

Ecris-moi un souvenir
Une carte postale
Une lettre de désir
Un mémoire ou une annale
Envoie-moi un petit mot
Et si tu peux un assemblage
De jolies phrases et de photos
Qui serviront de marques-page

Wednesday, March 08, 2006

Et le lapin sortit du chapeau...

ALors voilà, on entre dans le domaine du message à cararactère privé, pas d'intérêts donc pour tes groupies de 18 ans et plus, tes fans qui n'arrivent pas à choisir leur sexe années après années, et bien sûr toute ta clique de rockers, punkers et autres qui aiment tellement inventer des noms de courants musicaux, et puis internet c'est le futur du mouvement quoi??! non?...

Je m'égare, je m'égare visiblement...

En fait, j'arrive pas à determiner si c'est surprenant ou pas que ton blog existe encore mon mignon, mais c'est pratique comme moyen de communication, c'est ce qu'on retiendra... Donc si un jour tu es fatigué de dialoguer avec ton clavier et ton écran, ta guitare, toi-même, et que tu passes par l'hyper centre de cette ville, par la rue qui un jour, à un époque lointaine(??) devait mener directement à Saint-Denis, jusqu'à ce que des putes et des sex-shops en décident autrement, et bien n'hésite pas, passe tu connais la porte... Sinon on se verra à un de tes concerts probablement, voir comment l'air New-Yorkais a bonnifié ta "production artistique"...

Si tu n'es pas Charles Baptiste et que tu as lu jusqu'au bout j'en suis désolé mais j'avais prevenu dès la première ligne de l'inutilité relative de ce post....

Salutations jeune Béarnais.

Rechi

Tuesday, March 07, 2006

Charles-Baptiste & ...

The Eternal Teenagers
Belle de Jour
The Baguettes
Les Durand Dupont
De sortie
The Artists
The Frenchies
Co.
Ses Musiciens
Les Docteurs
A Suivre

Saturday, March 04, 2006

Le cinéma de fond

Il y a la musique de fond, celle que l'on n'écoute pas mais qui prend place dans un espace, façonne une atmosphère, donne une touche de nuances, de couleurs à un lieu et permet la vie nonchalante en sa compagnie. Le silence ne suffit pas à tous les endroits. De la même façon, il existe certains endroits où la vie seule ne suffit pas, où il nous faut un reflet. Peut-on alors parler de cinéma de fond?

C'est dans une salle de la rue Git-le-coeur que hier soir je réfléchissais à cette idée. Accompagné, je visionnais les trois heures d'une bande dont une vieille amie m'avait dit s'être ennuyée. Ironie du sort: Les amants réguliers, puisque tel était le titre de ce long-métrage signé Philippe Garrel, m'a tout simplement ravi par l'atmosphère qui s'est installée dans la salle de projection tout au long de ses 178 minutes. Un long hommage en noir et blanc à la Nouvelle Vague certes, avec tous les codes d'un genre que j'affectionne, le naturel de personnages comme pris sur le vif, l'obsession existentielle, la lenteur de regards et de paroles qui sonnent toujours comme autant d'aphorismes définitifs, l'irruption de courtes musiques peu coordonnées à l'image en des moments souvent surprenants, l'image d'une femme naïve qui pourtant a toujours le beau rôle et bien sûr le tragique impaquable d'un héros qui court (ou recule) à sa perte. Comment ne pas s'attacher à cette lenteur cinématographique d'êtres pour lesquels l'avenir a autant d'intérêt qu'un rêve que l'on veut conserver plutôt que de se réveiller, dans une ville comme Paris, en proie à un chaos métaphorique (ici, Mai 1968 et ses lendemains opiacés en toile de fond)?

Oui, j'ai aimé vivre devant cette toile de fond, une toile mouvante comme autant de tableaux se succédant, jouant avec les flous et les mises au point, les éclairages et la mise en valeur de sons quotidiens dont la valeur semble soudain inestimable. Mon amie me chuchotait: "Ce film me donne envie de voir la lumière." Je lui répondais que la nuit nous ouvrait ses bras. Et puis, naturellement, nous nous embrassames comme deux adolescents dans un drive-in. Nous souriions aux paroles si naturelles de personnages qui nous rappellaient nos vies. J'étais autant amoureux de Louis Garrel (splendide visage et classe indolente, au charisme d'un Marcello fellinien) que de Clotilde Hesme (douce Anna Karina aux yeux profonds et au comportement imbécilement attachant), personnes que j'aimerais rencontrer à l'avenir, avec qui j'aimerais marcher dans certaines rues autour de République, à la lueur de frais réverbères. J'aimerais aussi marcher devant leurs images. Oui, il faudrait pouvoir marcher devant ce film, il faudrait pouvoir faire la cuisine devant cette tapisserie, pouvoir couper le son et jouer du piano aux moments où on le désirerait, pouvoir peindre ses "paysages", le prendre pour modèle de la même façon que Van Gogh s'installait pour peindre ses champs torturés. Il faudrait pouvoir boire un verre de bon Bordeaux et en projeter la robe à l'écran, il faudrait pouvoir lire un livre savoureux de dimanche après-midi à voix haute ou basse et faire semblant de souffler leur texte aux acteurs du bout des lèvres.

Et, quand la bande touchera à sa fin, plutôt que de les détruire, nous repeindrons tous les murs de la ville de nos beautés.