Wednesday, February 15, 2006

Quelle fatigue que la vie

Trouverai-je un jour le repos? Cette phrase lue mille fois chez tous les plus grands poètes et que j'ose m'accaparer en cette journée pluvieuse pourrait sonner comme un blasphème. Or réellement je ne peux me résoudre à ne pas la prononcer, jusqu'entre mes draps alors que le sommeil m'enveloppe de ses bras fidèles. Même ici, dans la maison familiale, dans le silence de la campagne et l'abandon du corps aux conforts de la bourgeoisie, je ne puis en trouver un.

Paris me hante et me rappelle sans cesse. Des choses m'attendent là-haut qui ne le devraient pas et j'en attends d'autres qui ne viendront pas. Mon incapacité à me plonger dans l'étude obligatoire de ma scolarité est à son paroxysme, les sentiments que j'éprouve en moi sont vagues et indécis, j'ai cette douloureuse impression d'être trompé et pourtant je lutte contre cette idée que les choses ne dépendent pas toujours de moi, trop peu fataliste pour accepter une telle vulgarité d'existence.

Je n'ai trouvé dans les Lecons particulieres d'Hélène Grimaud qu'un doux rêve qui me donna le sourire pendant quelques heures. Une sorte d'attendrissement envers quelque chose qui ne touche pas mais effleure, de la même façon que mes chansons souvent ne font qu'effleurer certaines personnes alors que je voudrais les violer.

Tout ceci n'est qu'une vieille relation au corps finalement. Un corps que je devrais nourrir et non détruire, un corps qui me met bien souvent dans l'embarras du non-choix.Un corps dans lequel je puise en permanence, hyper-sensibilité oblige, poursortir des choses qui souvent n'en valent pas la peine, parfois en valent la douleur qui suit la félicité intraduisible que provoque le sentiment d'une création réussie, nécessaire, indispensble à l'avancement.

"La vie, ne fait pas de cadeau e mon Dieu que c'est triste Orly le dimanche, avec ou sans bécot.". Je suis dans un aéroport et l'avion a beaucoup trop de retard... sauf que celui qui fait grève, c'est moi, -le passager.