Saturday, February 04, 2006

L'espoir du samedi soir

J'aimerais pouvoir être cruel. J'aimerais pouvoir être totalement cynique. J'aimerais pouvoir avoir confiance en les dandys. J'aimerais pouvoir ne jamais retrouver ce romantisme adolescent derrière moi, qui me poursuit et me séduit à chaque arrêt dans ma course.

Il semble tellement plus sain de baiser que d'avoir des sentiments! Partir au petit matin s'en avoir à se soucier de rien, le coeur léger, la tête haute, les pieds qui flottent sur le pavé, ou même se lever alors que la fille de la nuit est déjà partie, fumer la cigarette de la satiété avec une tasse de café annonçant une journée des plus belles! Foncer à travers la ville, sourire à toutes, se ravir de chaque regard, et se moquer des amoureux enlacés sur ce banc près des quais, au milieu des reflets étincelants de la Seine, venue célébrer le baptême d'une ère sans vagues, et qui semblent savourer ce moment de possible éternité!

Les sentiments, c'est fatiguant, ça prend du temps, -ce luxe inommable. L'injustice de la chute a fait que nous ne pouvons commander les sentiments mais que eux se jouent de nous. (Attention: tautologie formulée par nécessité)

C'est dans ces moments les plus intimement douloureux que la musique me sort de la torture mentale. L'apathie ne m'a jamais rien offert de bon, mais la frustration comme le débordement de pensées tordues et tortionnaires me poussent toujours vers un instrument de musique, instrument opératoire s'il en est. Sans la musique, la vie serait une erreur et c'est pour conjurer les erreurs de ma vie que la musique m'anesthésie, me corrige, me panse, et me permet de cicatriser de façon périodique.

Merci 88 fois, mes chères touches noires et blanches! Ce soir, vous méritez mes caresses.

Rien à faire, -je suis un romantique.