Tuesday, February 21, 2006

Les filles de 18 ans ne sont vraiment plus pareilles

Hier soir, alors que je rentre tout guilleret de mon rendez-vous hebdomadaire au Club des Rockeurs, je découvre une lettre très formelle, très sérieuse, très directe, très claire sous ma porte, que j'ouvre malgré le fait que mon nom n'y soit pas écrit à la main (c'est peut-être cela grandir, ouvrir les lettres tappées à la machine): "Pensez à votre retraite!".

Vingt-quatre ans. Est-ce seulement un âge pour envoyer une lettre de plan épargne-retraite à un garçon, que nous qualifierons ici de jeune homme? Un âge où l'on avance à découvert, où l'on court de café en café, où l'on voyage dans des TER en seconde classe et rarement en Thalys première, où les croisières nous sont interdites, où l'on n'est pas raciste, où c'est sympa les enfants mais seulement chez les potes, où l'on ne croit pas en Dieu, ou seulement à la manière de Miles Davis?

Mouaip. Sauf que je trouve que les filles de 18 ans ne sont vraiment plus pareilles. Il y a encore cinq ans, inoffensives elles étaient, impossibles de les toucher, elles buvaient du Coca Light en parlant de Jarmusch, de Klapisch, et de Leonardo di Caprio. Maintenant elles trainent dans les bars, rotent en en sortant, hurlent des Fuck Forever au nom de leur idole Owen Wilson et reproduisent avec leurs bouches les plus grandes scènes des films de Larry Clark sans savoir à qui elles font référence.

Alors, quelque part, d'accord, je penserai peut-être à mon plan retraite.