Friday, January 20, 2006

Douceur de l'intime compagnie d'une femme

Oui, des gens m'ont dit que j'avais changé. Comme s'il m'avait été donné le pouvoir de contrôler toutes ces folies, ces envies, ces hurlements, ces égarements, ces spasmes passés. En grand romantique devant l'éphémère, je me suis toujours senti proche du temps du passé, mais là, je n'arrive à penser à rien si ce n'est à un présent au goût d'éternité, -et à cette présence.

Je regarde la télévision creuse le ventre plein, mes yeux plongent dans les sourires de la personne qui vient de me servir avec grâce. Je m'allonge sur le lit à la couverture pourpre en rêvassant, bercé par les douces mélodies de jeunes groupes pop émanant de la stéréo, me relève pour feuilleter un exemplaire de Body and Soul de Franck Conroy, retourne essayer un fauteuil pop art dans un coin de la pièce, sors sur la terrasse peuplée de plantes dont les feuilles semblent autant remercier le soleil que leur bienfaitrice, rentre me réchauffer dans ces bras déjà familiers, puis passe dans l'intimité de la salle de douche, machine à rêves érotiques. Je suis propre.

Au mur sont accrochées quelques guirlandes, plus une annonce que le souvenir d'une fête. Un soutien-gorge s'attarde sur le dossier d'une chaise, où j'ai fumé quelques cigarettes il y a quelques instants en finissant mon verre de Bourgogne. Des fleurs à la naîveté apaisante parfument l'atmosphère, faisant oublier leur nom ingrat: des renoncules. Et puis quelques bougies, naturellement.

A l'électricité a succédé la flamme.

Oui, -sauf que ma femme écoute Brooklyn.