Monday, January 30, 2006

Krev!

Krev, ma mégalomanie a ses limites... Et quand je suis mélancolique et déçu, je n'écris rien que je croie bon, et oublie tout ce que j'ai pu faire de potentiellement bon dans le passé.

Exemple/

Tu me manques comme une dernière cigarette
Tu me manques comme certaines cases dans ma tête
Tu me manques comme le premier baiser volé
Tu me manques comme une métaphore adaptée

Dans le cas très peu probable où je te manquerais
Dans le cas très peu probable que j'aime imaginer
Appelle-moi
Appelle-moi
S'il te plait.
Ca m'étonne que tu ne sois pas dans cette liste ...!!!

Sunday, January 29, 2006

Pour mélancoliser en souvenir de temps heureux

Aimee Mann - Wise Up
Neil Young - Only Love Can Break Your Heart
Murray Head - Say it ain't so Joe
The Beatles - Julia
Jacques Brel - Marquise
Billie Holiday - My Man
Keith Jarrett - Köln Concert
Sourya - Numero 1
Hawskley Workman - What a woman
Van Morrisson - The Way Young Lovers Do
King Crimson - Epitaph
Scubert - Deuxième Trio
Pink Floyd - Breathe
Daniel Darc - Rouge Rose
The West Coast Pop Art Experimental Band - Shifting Sands
Lou Reed - Sad Song
Rachmaninov - Troisième Concerto pour piano
Bang Gang - Stop (in the name of love)

J'avais besoin de cette accumulation. Tous ces morceaux tournoyaient dans ma tête aujourd'hui alors que je marchais seul dans les jardins du Luxembourg, encore ouverts à 18h30 - les jours rallongent... J'ai souri à quelques femmes. Sans les regarder dans les yeux, pour ne pas être déçu.

Dans cette accumulation, cette mélasse de notes dans mes oreilles, cette opacité de sentiments stériles, je n'ai vraiment rien trouvé à moi. Rien ne s'est déposé sur le papier. Le néant. Ou plutôt le vide. Le souvenir d'un plein. Ou d'un trop-plein.

Les maquilleuses n'y feront rien. Elles iraient trop vite. J'ai apprécié dans ce dimanche une lenteur oubliée. Le temps m'a été donné et je l'ai pris. Je le prendrai plus volontiers à l'avenir. Se précipiter sur le bonheur le fait fuir de peur.

Je ne suis qu'un élève. Et les mots sont des traitres.

Tuesday, January 24, 2006

Au lecteur assidu dont la verve et le tutoiement me chatouillent

Sache que j'essaie toujours d'avancer. Mais vois-tu, ce blog est un teaser. Rien de plus. Susciter l'attention, plutôt que la satisfaire totalement. "Charles-Baptiste en chocolat", comme le dit gentiment l'adolescente aux mots doux... Reviendrais-tu si tu avais mangé toute la tablette?

Viens donc me voir en concert ce jeudi au Shebeen à 22 heures. Je te jouerai quelques nouvelles chansons où j'espère te convaincre de ma capacité à te toucher plutôt que de te faire simplement sourire ou faire la moue. Je te donnerai une partie de moi-même, de celle que l'on réserve aux maitresses fidèles.

Tu me mets au défi, et cela m'excite. Je ferai les efforts nécessaires pour que mon érection soit à la hauteur de tes expectations.

Tu as, cela dit, écrit un des plus beaux pamphlets qu'il m'ait été donné de lire en ce lieu.

Merci de ta fidélité, et à très vite,

Charles-Baptiste
Transmuer le réel par le truchement des mots.
Le parler beau pour faire de la vie une matière digne d'intérêt, mais qu'en est-il du parler vrai? Trop veule sans doute. Du romanesque, du romantisme, diantre!
Mais plus que de transmuer cette réalité triviale, n'est-ce pas là une fuite?
Qu'importe la distance que chacun applique face à ses propres mots, elle reste si ténue que le risque est grand de plonger dans le fantasme.
Ta logorrhée est certes agréable,or elle demeure amusement telles tes chansons. On sourit, on fait la moue, mais pas de francs éclats, pas de larmes versées.
Tu détiens une capacité à frôler l'universel. Montre-le.
Epure.
Berce-nous de tes impressions, de tes sensations, mais délivre-nous aussi, parfois, la part d'ombre de ce qui te touche. Pour que la lecture ne soit pas qu'une promenade dans un paysage de mots jolis, pour que le fond vienne retrouver la forme.

Un lecteur, de longue haleine, curieux d'un potentiel certain.

Sunday, January 22, 2006

Petit poème rien que pour toi...

Charles-Baptiste est un artiste,
Un joueur de mots, quelquefois gros,
Plus souvent doux. Peut-être un peu fou.
Charlibi où est-ce que tu cours?
Même si tu reviens toujours.
Amoureux des filles à la vanille
Mais content d'être un gars au chocolat,
Parce que les garçons les filles les trouvent mignons
Et que les nanas Charlie il aime çà.
Charlibi c'est un peu mon Xtazy,
Il rend la vie plus belle
Comme dans 'Plus belle la vie'.
Que cette année lui donne des ailes
Pour vivre les rêves qu'il écrit.

Friday, January 20, 2006

Douceur de l'intime compagnie d'une femme

Oui, des gens m'ont dit que j'avais changé. Comme s'il m'avait été donné le pouvoir de contrôler toutes ces folies, ces envies, ces hurlements, ces égarements, ces spasmes passés. En grand romantique devant l'éphémère, je me suis toujours senti proche du temps du passé, mais là, je n'arrive à penser à rien si ce n'est à un présent au goût d'éternité, -et à cette présence.

Je regarde la télévision creuse le ventre plein, mes yeux plongent dans les sourires de la personne qui vient de me servir avec grâce. Je m'allonge sur le lit à la couverture pourpre en rêvassant, bercé par les douces mélodies de jeunes groupes pop émanant de la stéréo, me relève pour feuilleter un exemplaire de Body and Soul de Franck Conroy, retourne essayer un fauteuil pop art dans un coin de la pièce, sors sur la terrasse peuplée de plantes dont les feuilles semblent autant remercier le soleil que leur bienfaitrice, rentre me réchauffer dans ces bras déjà familiers, puis passe dans l'intimité de la salle de douche, machine à rêves érotiques. Je suis propre.

Au mur sont accrochées quelques guirlandes, plus une annonce que le souvenir d'une fête. Un soutien-gorge s'attarde sur le dossier d'une chaise, où j'ai fumé quelques cigarettes il y a quelques instants en finissant mon verre de Bourgogne. Des fleurs à la naîveté apaisante parfument l'atmosphère, faisant oublier leur nom ingrat: des renoncules. Et puis quelques bougies, naturellement.

A l'électricité a succédé la flamme.

Oui, -sauf que ma femme écoute Brooklyn.

Wednesday, January 18, 2006

Big Mouth Strikes Again

Tuesday, January 17, 2006

Add a B to the J

Could sound like the X to the Z
Our the A to the K
My old CBGB
Thought you'd stick to the J

Add a B to the J
From a J to JB
Makes me think that your gay
Lovin' him and not me

But your love is a fake
For his words you are fond
All this gives me an ache
For I'm sure he's a blond !!!

Where's the mistery gone
Mister CBGB
Since you left the Big Pomme
No more place for the "J" (pronounce the letter in french please)

Take care
I'll be your guitarist
J.

Monday, January 16, 2006

Merci Charles-Baptiste

Je n'attendais pas une telle réponse aussi fournie, aussi complète et bien tournée, comme à votre habitude.

Je vous remercie une nouvelle fois, ce n'est ni admiration, ni critique, plutôt quelque chose comme de la gratitude, amicale à mon tour, que je vous adresse.

A bientôt, continuez ainsi,
Radicalement décalé,

Jean-Benoit

Réponse promise à Jean-Benoit

Cher J-B,

Alors il faut que je vous explique, comme promis.

Voyez-vous, il me semble que la vie est un pays neutre et que j'ai trouvé un endroit où la taxation sur ls émotions extrêmes est beaucoup moins forte: l'écriture. En effet, la vie moderne me semble assez terne, presque routinière, insouciante et faite d'évènements trop familiers pour que l'on s'attarde sur eux. Elle ne semble pas permettre l'euphorie perpétuelle à laquelle elle prétend.

Pour parvenir à ce déplacement en territoire étranger et pourtant d'accueil, ne le prenez pas mal, je n'ai pas réellement besoin de vous, pour répondre à votre question "qu'attendez-vous de nous?", si ce n'est de vos yeux envieux et/ou critiques. Surtout un besoin de quelques conseillers bien avisés. Des gens qui m'orientent, me proposent de placer dans la métaphore, dans l'immobilité, dans la laideur dégoulinante qui était en hausse depuis quelques temps, d'emprunter sur un compte de courants littéraires récents, de faire fructifier le tout dans une bulle de savon et de s'imaginer à l'intérieur en attendant qu'elle explose contre une vitre. Ou un miroir.

Par orgueil? Par élégance? Je ne suis ni émir, ni star de la mode. Peut-être un réfugié, donc. Oui, c'est cela, par nécessité. Par volonté de mieux vivre. Pour me souvenir de mes écrits et non de la réalité. Certaines personnes s'improvisent photographes, quand ils font des voyages. Lors de mon séjour à New York, je me suis improvisé chroniqueur, car je crois n'avoir aucun talent pour la photographie. Je préfère lire une de mes phrases où je vante un moment d'amitié que de regarder dans ma main tremblante un petit écran qui me restitue avec toute la politesse et la paleur que lui aura induit mon manque de précision une image dégueulasse d'une réalité qui ne penchait pas de ce côté-là. J'ai dit improviser. Sans retouches, comme ce que je vous écris ici. Spontaneous prose. La virtuosité est-elle toujours au rendez-vous, peu m'importe. Je veux donner un supplément d'émotion à ce qui potentiellement en dégage dans ma mémoire.

Du profit, que diable!

En espérant que vous m'aurez compris et que vous ne m'en voudrez pas de cet exil d'apparence.

Amicalement,

Charles-Baptiste

Sunday, January 15, 2006

Désolante

C’est donc ça, vous démasquez les malaises, traquez la Nausée quotidienne…Ce sentir exister c’est souvent se sentir con...

Mais après tout, exister c’est tout ce qu’on sait faire, les bras ballants, on s’y habitue.

Je peux attendre, Charles, attendre quelques salves biens placées. La finesse est bien rare en ce moment, ne l’a négligeons pas…

Bien, prenant acte, bonsoir

Jean-Benoit (ou J-B)

Friday, January 13, 2006

Neurasthénie passagère

J-B, votre écrit m'a intrigué. Vous semblez comprendre, -et désirer, vous aussi.

Hélas, ces derniers jours, je suis quelque peu souffrant, excès de nuits interminables, de passions trop éphémères et de, hum, beautés surrannées, en effet. Je me vois refuser ma présence en des endroits où je désirerais être, à des personnes que je désirerais découvrir, et à des saveurs que mon corps en son état actuel ne supporterait pas. Je sombre dans des maux de tête terrifiants, des fièvres hallucinatoires, des sommeils morbides, des obsessions maladives. Enfin... presque. Sourires.

Je ne sortirai ni ce soir ni demain soir. Le samedi est une sortie de routiniers de toute façon. Et j'ai un besoin de solitude.

Donnez-moi deux jours. Par élégance...

Wednesday, January 11, 2006

De vous à moi, dîtes moi

Cher Charles,

Qu'attendez-vous?
Que voulez-vous réellement de nous...
Encore tant de limbes,
Ce sont des chichis, restons humbles,

Est-ce de l'orgueil, ou tout simplement l'élégance,
Qui vous pousse encore à croire aux beautés suranées?

Charles, je vous l'avoue,
Vos écrits ont quelque chose,
Un presque rien, parfois morose,
Jouez le, mais en atout,

Sans jamais, toutefois, oubliez qu'il s'agit de choses sérieuses...

J-B

PS: Bien à vous

Trilogie parisienne

Figure-toi que je suis un peu emmerdé. Ou plutôt... intimidé. Figure-toi que je viens d'apprendre que mes parents aiment beaucoup lire mon blog mais n'aiment pas savoir qu'il s'agit de leur fils. Figure-toi que mon père trouve que j'ai une aisance d'écriture et que ma mère trouve que je ferais bien de travailler un peu.

Alors voilà, je suis comme qui dirait paralysé, quoi.

Bon, je vais essayer de te faire un résumé, mais sans notion d'heure ou de temps, pour ne pas inquiéter le sommeil parental. Je serai incapable de ne pas négliger les lieux ou l'espace, pourtant. Et pour tout te dire, ces deux derniers jours... c'est le jour et la nuit. Tiens, je me fais sourire. Et c'est agréable. Laisse-moi prendre un thé, je reviens, tu veux quelque chose?

...

Ca faisait longtemps quand même. Je sais pas moi, mais ca faisait longtemps, pour toi c'est facile tu sors tout le temps, mais moi ça faisait longtemps je te dis. 70 personnes dans un si petit endroit. Allez, il y avait quoi, 50 fumeurs? Des rockeurs, principalement. Et une dentiste. De la drogue, il devait y en avoir. Sans doute. Mais là n'est pas l'important car je n'ai rien vu. L'essentiel est invisible, hein, mon oeil. L'important était bien visible, ou plutôt à peine, difficilement, par interstices, il fallait se faufiler pour arriver au premier rang, pousser et insulter cordialement pour de près apprécier ces chansons dont on chante le deuxième refrain dès la première écoute. Il y avait deux Américains avec des accordéons et des claviolas... C'était incompréhensible. Des parisiens qui essaient de faire du post-punk, et deux new-yorkais qui essaient de faire de la musette. C'est un peu ça, la mondialisation. Je ne sais pas, je n'ai pas compris, parce qu'en plus les gens applaudissaient comme des fous. Ah mais oui, parce que c'était très bien naturellement, mais normalement c'est plutôt la guitare qui trône. Limite normalement t'amènes une guimbarde on se fout de toi. Mais là, on leur a fait une place, et ils ont eu ... beaucoup de temps pour jouer et faire de la pub pour leur concert le lendemain au New Morning.

Bon après, tu sais c'est toujours pareil le patron nous gueule dessus, nous dit qu'il nous encule qu'on le fait chier comme ça toutes les semaines, que ça suffit y'en a marre des punks lui il veut juste une petite maison à Issy les moulineaux à la cool à regarder Manchester-Johannesburg à la télévision dans une chaise longue au fond du jardin, alors dégagez maintenant merde, foutez moi le camp, allez autre part, bordel, et toi arrête de jouer au flipper, putain.

Donc là on va autre part.

Sauf qu'on est toujours autant. Je crois que la dentiste est partie. Donc il ne restait que des rockeurs. Mais on s'est engouffré dans le seul truc ouvert du quartier et on a commandé. Ou plutôt les choses se sont commandées et on s'est retrouvé sur les tables à chanter et à jouer de la guitare en tappant du pied des mains et de la tête, avec un autre barman qui nous gueule dessus, qui a bien envie de nous foutre dehors lui aussi sauf que le problème c'est qu'il faut faire son chiffre de nuit et que jusqu'à maintenant pas de problème vois-tu tout le monde paye; en règle, quoi. Sauf qu'on fout un bordel monstre. Entre les bourrés, les mégalomaniaques, les gens trop grands, les gens trop petits, les anglophones, les groupies et surtout l'idée du concours de claques. Je ne sais pas qui l'a lancée, mais c'était pas malin.

En fait, voilà, je crois que ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti si jeune. Ce qui est une phrase qui peut surprendre venant de quelqu'un qui bénéficie encore de la carte Louvre moins de 26 ans.

...

Oui et donc hier, ouais parce que là tout ça c'était avant-hier; donc hier tu vois je retrouve mon pote Earle au Shebeen mais ce soir il travaille pas. Parce que je nous ai dégoté deux entrées pour aller voir Sophie Auster et les deux Américains qui jouent de la musette (non sérieux, ils sont énormes, ils s'appellent One Ring Zero, t'as qu'à regarder sur Myspace) au New Morning. Donc voilà on était près à prendre un taxi mais finalement le 47 arrive juste pour nous place Monge, et là on tombe presque amoureux de la chauffeuse de bus, qui s'appelle Anna (non, mais un truc à devenir fou, je te dis, les Anna, là depuis que j'ai écrit cette chanson) Cette femme a quelque chose d'incroyablement apaisant, un côté mère de famille d'une quarantaine d'années dont les enfants seraient déjà grands et en auraient rien à foutre qu'elle soit divorcée de leur père. Un truc comme ça. On lui parle des lumières du nouveau matin, de l'odeur des petites écuries et d'un chateau d'eau. Elle sourit et nous lance un coucou de la main après nous avoir laissés sur le bord de la route en train d'allumer un pêtard. Là, on arrive au New Morning, rue des petites écuries métro chateau d'eau et on est naturellement en pleine montée (Earle et moi on fume pratiquement jamais, c'est trop hippie) donc on arrive en lâchant des we are on the list par ci des what list? par là avec des grands gestes et des blagues pourries. Et voilà on tombe direct sur Mickael et Sophie. Enchantés. Earle se met à parler à n'en plus finir, et direct ça chauffe, ça parle de seins de fesses déjaculations de masturbation de drogues de faire des trucs qu'on a pas le droit. Moi je suis défoncé alors j'essaie de garder un sourire intelligent mais je deviens parano surtout que Sophie, c'est pas du petit numéro quoi, c'est le genre de filles à qui on n'ose pas parler tellement elle est belle alors qu'on devrait mais Earle il est bon là-dedans, il réussit même à se faire filmer en train de lui écrire des cochonneries dans la main. Finalement je finis par me marrer avec Mickael qui finit par finalement monter sur scène. Avec Earle, on chante comme si on avait écrit les chansons et on chambre à haute voix. Discret est un adjectif clef. Fin du concert, Sophie traverse la salle, emprunte mon feutre minaude flirte avec le miroir -et avec Earle. On lui demande si elle préfère qu'on l'appelle dear darling ou babe. Elle dit que babe ça va. Elle reste avec nous alors que des dizaines de gens passent pour lui faire la bise. Je regarde ses cheveux sans être amoureux. Et puis, y'a son père qui débarque. Et sa mère. Et en fait, on n'est plus beaucoup. En fait, on tient vraiment dans trois taxis, quoi. Earle est avec Sophie et ses parents dans le taxi de devant et moi je suis avec les musiciens Mickael et Josh dans le taxi de derrière direction La Coupole. Bon après c'est juste rigolo parce qu'on est vraiment tous un peu ivres avec le champagne les huitres le mouton cadet l'andouillette AAAAA ça fait de l'effet. On trinque, on déguste sans vanter les plats, Earle parle de John Lurie d'ailleurs on apprend qu'il est très malade là on est un peu emmerdé on parle de coins sympas de new york avec sophie qui est passé sous la table pour je ne sais quelle raison Paul fume ses cigarillos en regardant tendrement sa fille Mickael Josh earl et moi on dit qu'on s'aime je transforme Marie et moi en Sophie et moi et les gens sourient attendris, j'enlève un clou à ma ceinture et desserre ma cravate d'un geste négligé que personne ne voit, on sourit heureux de faire partie du beau monde pendant quelques instants nocturnes. Nous nous quittons avec ce questionnement qu'est-ce qu'on foutait là et la certitude que c'est tout à fait normal.

Marrant, non? Avoue. Avoue surtout que t'es vénère de pas être venu, hein.

Tuesday, January 10, 2006

Que voulez-vous...

...ce sont des choses qui arrivent!

Rires.

Monday, January 09, 2006

la voisine du dessus





euh... cest pas mon ancienne voisine tout à gauche? ;)

a.

A un ami perdu

Jeudi 24 Avril 2003
Passage du Douy
Début rue Servan
Paris 11e
Griffoné à la hâte sur mon exemplaire du Parti pris des choses de Francis Ponge

Un grillage me séparant d'un paradis d'étroitesse, de feuillages étouffant les crépis, de lanternes ageancées de façon rationnelle et pourtant quasi-instinctive. Au milieu des immeubles modernes et morts, une vie paisible et sans bruit, semble-t-il. Un paradis perdu? Une oasis inaccessible? Un asile pour golden-boys? Au loin, des lumières comme bucoliques. Immpossible d'y accéder. Sans quotidien mystérieux, une pancarte insupportable me regarde de haut: "Propriété privée".

Sunday, January 08, 2006

Apologie du cynisme

Nous sommes les inutiles
Nous sommes les inutiles
Nous faisons de notre mieux
Pour n'avoir que du potentiel
Nous sommes les inutiles

Nous montrons à la Terre entière
Que nous avons trouvé une place
Une place sur une étagère
Et pour que personne ne nous déplace
Nous savons rester agréables
En mettant les pieds sous la table

Et nous vidons quelques verres
En parlant de philosophie
Acceptons même quelques prières
Car si Dieu existe, il nous envie
De pouvoir rester agréables
En mettant les coudes sur la table

Nous sommes les inutiles
Nous sommes les inutiles
Nous faisons de notre mieux
Pour n'avoir que du potentiel
Nous sommes les inutiles

Nous avons fait notre choix
Mais ne prétendons pas connaître la voix

Nous sommes les inutiles

Fellini fait la vie

Je regardais hier soir avec un ami branleur qui m'accompagna l'été dernier sur les collines de Toscane un des chefs d'oeuvre de Fellini, I Vitelloni, littéralement Les Inutiles. Une histoire noir et blanc autour de trentenaires incapables de quitter leur maison maternelle, d'arrêter de sortir, et d'accepter les responsabilités de la vie. Le tout au début des années 50. Mais d'une actualité à couper les souffles.

Une sensibilité dans la caméra de la mise en valeur du surgissement (notamment de personnages burlesques), un aller-retour permanent entre sarcasme notoire et abandon total à l'innocence, un art de filmer les fastes de foules en fêtes et de folies collectives, une inconstance dans le ton des caractères qui déstabilise à chaque instant, l'emploi d'une musique qui rend inoubliable une atmosphère à la fois indigène et universelle. C'est comme si la fin de la Dolce Vita était déjà filmée sous nos yeux, avec ses plumes qui tourbillonent jusqu'à l'étouffement. Et on ressent comme l'expression d'une vanité dégueulasse... Que par passion l'on refuse de vivre ou que l'on vive réellement, on finit toujours avec un goût d'écoeurement.

Ce qui marque par-dessus tout, ce sont les rires. Des rires qui naissent emplis de spontanéité juvénile, puis disparaissent dans le néant, celui de la nuit ou celui de l'ivresse, des rires qui réapparaissent dans un cynisme insupportable, des rires qui se transforment en sourires profonds, précis, pervers, des rires qui collent aux visages et s'en séparent avec mépris. Comme pour nous dire: "Le rire est la saleté de l'homme.".

Saturday, January 07, 2006

Alors, Paris, c'est comment?

C'est comme une ville de province.

J'ai repris mes petites habitudes, mes trajets réguliers, mes tics de langage. Mon RER A que j'aime tant me mène tous les matins jusqu'à Cergy-Pontoise, où je fais l'étudiant pendant quelques heures, au milieu d'autres étudiants qui reprendront avec moi ce RER A en retour sur Paris, s'arrêtant à l'Etoile pour se rendre au Drugstore ou chez leurs parents, à Auber pour filer aux Galeries Lafayette, à Châtelet pour changer de train. Mon appartement a retrouvé son petit chaos, ses disques éparpillés, ses piles de feuilles anotées, ses vêtements jetés à l'aveuglette, ses yaourts périmés goûtés à l'aveugle. J'ai repris ma rue Buffon en long et en large jusqu'au Shebeen, lieu de décadence hebdomadaire. Mes amis me fréquentent toujours, tout va bien.

Friday, January 06, 2006

Happ y New Year

Wish you the best and hope to see play soon in Paris !!!

Take care, stay sharp !!

J

Tuesday, January 03, 2006

2005 c'était comme ça en 2006

Voyages
2005 fut il est certain une année de voyages, initiatiques dira le grand frère que je n'ai jamais eu. Je ne retiendrai que deux destinations connues. L'Italie (Venise, Vicenza, Florence, la Toscane, Rome,...) et cet art de vivre qui ne disparaitra pas, cette paix de l'âme qui sert de terreau aux plus grandes passions, cette dolce vita d'artifices in(dis)pensables. Et puis New York, -et le rock'n'roll, la course sans bourse, les lumières nocturnes, les bacchanales jusqu'au petit jour dans l'attente du grand, le pied au plancher de vouloir faire trembler, les doigts en sang d'avoir déjà trop gratté.

Quêtes
2005 fut il est certain une année de quêtes, d'absolu dira le père que l'on désire. Des quêtes amoureuses sans amour. Peut-être deux noms me restent avec leur épaisseur de sentiments. Deux noms qui marquent des passages, plus que des passages, des traversées, à guêt. Je m'y suis mouillé le bas du jean mais à présent mes yeux sont secs. En dehors de ces deux noms, peu, si ce ne sont des saveurs vagues, parfois dégoutantes, souvent cocasses, toujours anecdotiques, de celles que l'on raconte entre garçons en pouffant de rire comme des filles. Et puis des quêtes éperdues, sans relâche mais sans réel travail, juste une obsession constante. J'irai sur cette scène, j'irai faire chier ce mec, je serai désagréable, j'aurai des ennemis, je jouerai en fixant les spotlights et en pensant à la lune, en fixant les yeux de la fille du dernier rang et en pensant à ses copines qu'elle emmènera la prochaine fois. Des quêtes à objectif vague et sans retour. La crise d'ado?

Disparitions
2005 fut finalement avant tout l'année des disparitions. Disparition de l'innocence juvénile, disparition du bonheur immédiat, disparition d'êtres que l'on voudra toujours indispensables, disparition d'idéaux au profit d'autres, disparitions de lieux chers, disparitions de liens pour lesquels Mastercard ne pourra jamais rien. Disparition d'une personne que j'ai rencontrée et que vous aussi, et qui a changé, là dans le reflet de cette vitrine du magasin RoesblingsGuitars, des cernes, des joues creuses, un teint un peu pâle... mais le sourire persistant, et l'oeil qui dit: "On passe peut-être à autre chose, mais j'arrive bientôt."

En trois mouvements, dansons la valse des amants.

Jusqu'au baiser de la nouvelle année.

Tous mes voeux, les vrais.

Sunday, January 01, 2006

Tous mes voeux aux bas-fonds et au beau monde pour l'an 2006