Monday, November 21, 2005

Ode a l'indolence

Le pli, je l'ai pris. Pas celui de Deleuze, loin de la, mais celui du drap, sans doute. C'est juste que le samedi soir, on ne sort pas sur Manhattan. La clientele de bar est bien trop cheap suburbia. Alors, je me suis ecroule a quatre heures de l'apres-midi sur le canape pour rattraper vingt ans de frustration televisuelle, car oui, je fais partie de ces personnes dont l'enfance fut privee de television. Je fais partie de ces gens qui ne pouvaient parler de la Nuit des Heros sur les bancs de l'ecole, des sketches merveilleux de la Grande equipe de NPA, les Starsky & Hutch, et les rediffusions de Rintintin. Mais on me les a racontees. Veritable machine a fantasmes, j'ai imagine. Mais ici, la tentation est trop forte et j'ai succombe en fin d'apres-midi au technicolor.
Terminator, L'arme fatale 3. Terminator, pour imaginer Schwarzenegger en Irak. L'arme fatale 3, pour imaginer Mel Gibson se faire defoncer la gueule a mains nues en vrai. Puis Blanc, celui de la trilogie. J'ignorais que Julie Delpy pouvait incarner la grace. Trop d'emotions erotiques m'ont amene a savourer avec des chicken wings et un seven up trois comedies romantiques americaines sur TBS Very funny sans aucun interet, si ce n'est de voir comment on peut faire trois films pareils avec les memes acteurs et la meme histoire. Agace, j'ai attrape un DVD de Godard, Vivre sa vie, qui trainait la. Les dialogues m'ont ravi, et j'ai un peu pleure en revoyant Paris. Et puis, ces phrases qui n'appartiennent qu'a nous: "dis, ta copine, c'est une femme du monde, ou une pouffiasse?" "tu n'as qu'a linsulter, si elle sourit, cest une femme du monde, si elle se met en colere, c'est une pouffiasse." J'ai sans doute beaucoup trop pense, et la cigarette que je fumai sur les toits en regardant au loin les lueurs de l'Empire State et du Chrysler me mirent sans doute dans une somnolence incontrolable, ce qui fait que je redescendis sur Terre, je me rendis compte que j'etais a la moitie de Dance with the wolves et que j'avais rate la scene de cul. Bah, sans doute coupee. Comme ces seins de college girls, censures en rouge et vert.
Je ferais bien d'aller me coucher, quand meme. Douze heures devant ce putain d'ecran. Merde.