Thursday, November 03, 2005

Nos mots sont plus beaux que vos choses

Vraiment, je ne comprends pas. Est-on paye pour faire une apparition TV lorsque l'on est un mythe vivant? Est-ce une occasion de rencontrer de jeunes ephebes a la sexualite debridee? Devient-on vieux avec la vieillesse? Devient-on con a force de manger?

Bref, tout cela n'explique pas pourquoi, devant 5000 college freaks invites pour assister aux Woodie Awards de MTV, Lou Reed etait oblige de dire qu'il etait "happy to see that rock'n'roll was still alive in NYC." Et de presenter d'une main presque dynamique un tocard sur la deuxieme scene soudainement illuminee.

C'etait ennuyeux. Le boss d'Atlantic avait deja rejoint le carre VIP, nous laissant dans une maree de poupees en plastique (que sont devenues les poupees Corolle d'antan, merde) et de gros bras a oreillettes. Alors nous avons rejoint le Midpacking, ou nous sommes entres dans la troisieme boite en brique sur la gauche, la Guest House. Le DJ-set etait tenu par une Djette clone maigre d'Evanescence fan des Smiths et de The Bravery. Alors, avec la clim', imaginez les chauds-froids. J'ai deguste avec detachement mon verre de Merlot, l'oeil legerement distrait par un joueur de football sous cocaine qui dansait en pleine obscenite sur une piste vide. Il avait l'air de vouloir danser jusqu'a la mort, alors j'ai attendu avec delectation. Mais ce n'est pas venu. Alors nous avons quitte l'endroit. Ma vie depuis quelques mois n'est faite que de departs. Et je ne suis pas encore arrive.

La vitre teintee d'un van blanc au ralenti le long du trottoir se baisse sous mon profil: "Looking for some company?", me demande une jolie Black en mini-jupe. Je la regarde, tire sur ma cigarette en pensant a Zeus-Peter Lama, l'artiste decadent imagine par Eric-Emmanuel Schmidt, qui fume toujours deux cigarettes pour avoir plus de fumee autour de lui, et souffle dans l'air trouble: "Out of my league. Cant afford it."

Un jour, j'aurai peut-etre de l'argent. Un jour, j'aurai peut-etre Paris.

AND ONE LAST CALL: PLEASE J. TALK TO ME