Sunday, October 30, 2005

One Way Ticket - laissez aller.

Il y a dans le One Way Ticket (OWT) quelque chose de profondement seduisant pour qui est en quete d'aventure. Au contraire de l'aller ou du retour francophone, ou il faut toujours decider: d'ou viens-je? Ou appartiens-je? Ou se trouve l'origine, MON origine? Ou puis-je me retrouver dans ce repere bipolaire en cas de changement d'avis? Le OWT se fout de tout cela. Ce qui importe n'est pas le sens, - mais la direction. De maniere tautologique, on pourrait dire que ce qui lui importe, ce n'est pas le but, mais le chemin.

Ce qui passionne surtout, c'est l'etourdissant One inclus dans le terme, qui renvoit a une prise de decision UNE - UNIQUE - UNANIME. UNE, car elle est un choix irrevocable, sans alternative, il faut prendre son parti. UNIQUE, car elle fait figure d'exception. UNANIME, car elle repond a la demande d'une personne, d'un etre humain, expression d'un combat interieur epuisant, en lutte avec sa morale et sa faculte de jugement.

Cette idee me semble ancree depuis toujours dans la mythologie americaine. Christophe Colomb a bien pris un One Way Ticket pour les Indes... Les Pionniers ignoraient tout de leur destination. Le Projet Manhattan s'est fait a l'aveuglette. Le personnage de James Dean dans Rebel without a cause ignore s'il sautera du vehicule avant la falaise, mais il sait qu'il n'y a qu'une direction possible pour s'integrer dans ce groupe d'amis. Marilyn Monroe chante la River called the River of no return. Les soldats du Vietnam quittaient la patrie pour une folie certaine. A titre personnel, j'irais meme jusqu'a dire que lobsession des Americains pour le sexe semble par elle-meme exprimer une crainte effroyable de l'aller-retour...

Oui, il semble que l'Amerique soit un pays de One Way Tickets. Une fois qu'on y a sejourne, plus rien n'est jamais comme avant.

Je ne pense plus maintenant. Je mange.