Thursday, October 27, 2005

Chaos successifs

Emmanuelle Beart emmitouflee penche accroupie ses yeux sur un clochard de la septieme avenue sous la chaleur de cameras qui vous disent de circuler. Je remonte en toussotant les rues jusqu'au Sheraton, avant de tourner a droite.

Le week-end dernier, j'aurais du hurler plus fort encore I am so bored withe U S A des Clash a la gueule de ce white trash republicain de pensylvanie, buveur de biere light aux senteurs d'airelles genetiquement modifiees et mangeur de macaroni and cheese particulierement goutus a six heures du matin. Je n'aurai pas pu cependant coucher avec la slut et prendre de la drogue a la fois. En misant sur la fille, je perdais mon temps, -pour temps. Quelques baisers francais ne seraient bientot plus qu'un numero de telephone sans futur. Mais entre quelques instants d'hysterie filante et une stupidement delicieuse conversation avec une cock-teaser... que fallait-il choisir? "In my mind I'm going to Carolina", chantait Gourtney une main de la poche les yeux au ciel, pendant le concert des Bison Chips, all-boy a-cappella choir de Bucknell University, devant les regards de parents emerveilles, parmi lesquels certains peres arboraient le visage rougi des beer-pongers de l'apres-midi, ou encore une mere qui coucherait plus tard avec un des copains de son fils. La cloche sonne. L'ecole commence.

Je monte au quatorzieme etage avec l'ascenseur. Je realise soudain qu'au douzieme, il y a une agence de mode. Je m'imagine en delivery man dans un autre vie, sonnant a leur porte pour deposer un paquet empli de croissants fourres au fromage accompagne d'un numero de Vogue datant d'il y a cinquante ans jour pour jour, puis chasse l'idee de mon esprit.

Il y a deux jours, j'y etais presque. Un set dans la Gallery du CBGB devant 5 filles, enfin! 2 Canadiennes, 2 Francaises, 1 New-Yorkaise. Ah, le son etait bon, les cris de la rassemblee presents a mes oreilles, les regards perdus derriere la barriere lumineuse, verts, comme une orange, magentas, oranges, indigos; et j'etais accorde, en dialogue avec les ombres. J'ai trempe mes levres dans une Guinness fraiche et lourde comme il me fallait. Je me suis retrouve alors perdu dans une boite qui s'appelle Pianos, a l'etage, espace d'expression libre nomme NOT-Burlesque... une tres belle transse a fait son apparition sur sweet dreams alors que je m'engueulais avec ma voisine asiatique, sorte de lesbienne raciste et debile. Finalement un jeune gay seduisant vient me dire que je ressemble a Jeanne-Paul Belmondo dans Breathless de Godarde. Je souris en tentant de compter le nombre de filles que j'ai pu avoir en leur disant qu'elles ressemblaient a Anna Karina dans Pierrot le Fou.

Je n'arrete pas de tousser depuis hier soir, pourtant j'avais arrete de fumer, mais c'est toujours pareil. Quand je fais du sport, je tombe malade. Quand j'arrete de fumer, je tombe malade. C'est un peu comme les revolutions, finalement. Il faut passer par une periode douloureuse, je suppose, avant d'atteindre l'etat ideal. Je fonce chez moi prendre un citron chaud mielleux.

Au DTUT, vers 20h, il y avait un Irakien republicain au discours tres interessant et extremement pertinent, un hippie ridiculement caricatural, une Amy Hills en petites larmes delicates, une Debbie angoissee par l'endroit ou elle devrait dormir cette nuit, un Leo avec un oeil qui cicatrise, des gens qui tappaient dans les mains en hurlant sur ma chanson Va te faire voir la-bas, rebaptisee Go fuck yourself there pour l'occasion, une poete Russe vexee que je ne signe pas sa mailing list et que je lui explique que je ne la connais pas, mais que rien de ce que je l'ai entendue lire ne m'a interesse, mais alors pas du tout, qui du coup me cite deux poetes que je ne connais pas, j'avoue, elle me dit alors que je suis un ignare et que du coup je ne peux pas comprendre ce qu'elle fait, pour finir par lui apprendre que oui, victor hugo etait un poete, oui, oui, et le plus grand aussi, a l'epoque. Ah bon?

Essayer d'oublier les cheveux de Gillian. Les yeux-mangas de Meredith. Les mains de Paula. La voix de Beat the devil. La facon qu'aavait Deborah de fumer ses cigarettes. La cicatrice de Yann. Le tatouage de Daniella. L'empreinte de la ville.

Et pourtant, je me sens bien ici.