Sunday, August 07, 2005

Death of a salesman

Réveil. Demain il fera jour.

Mémoires d'hier dans le fond d'une Ricorée tiède. Un sourire énorme aux lèvres. C'était bien, c'était beau comme en rêve ou dans un clip de rock indépendant. Jean le gros aurait aimé. Mais c'est vrai qu'il n'y avait pas de disco. Mais je sais qu'il aurait aimé. Enfin, ça m'aurait fait rire de le voir se trémousser sur "Like a Virgin" (la blague du DJ apparemment... que j'ai prise au premier degré) en face de la blonde, là, celle qui aimait faire la conne en hurlant et en levant les mains au ciel comme si sa silhouette en dépendait, -et non sa vie. Et puis, je pense aussi qu'il n'aurait rien compris. Parce qu'un microcosme comme celui-là, putain pour l'intégrer quelle galère. Déjà personne ne lui aurait dit bonsoir.

Et aurait-il pu seulement pénétrer dans l'étroite enceinte? Non. Pénétrer n'a jamais été son truc.

Edouard, quant à lui, se serait fait éclater la tronche. Sans doute tout le monde aurait commandé au bar en son nom. Et hypocrite et faible comme je ne le connais pas mais l'imagine et le sais avec cette certitude de ceux qui divisent le monde en catégories, il se serait exécuté déréchef un pincement aux lèvres, mais un rire feint et faux dans la gorge, la carte Banque Populaire Compte Courant qui souffre dans les mains, -la Carte Premier, c'est pas en étant vendeur chez Dior qu'on l'a, parce qu'on a beau être vendeur chez Dior, on reste un vendeur, cette forme de surface lisse sur laquelle le client aime se regarder. Pauvres Bowen.

Mais Edouard n'était pas là. Parce que ce matin il voulait se lever tôt pour pouvoir travailler sur une nouvelle marque Dior - Dior Salope. Des kilomètres de fringues provoc' bardées de Salope! ! En strass, en paillettes, en cuir blanc et rouge, en doré, en partenariat avec New Colors of Vuitton, etc. Salope avec le O prêt à gober le P... oh c'est bon ça.

Dior Salope! Putain, Edouard tu l'as ton concept.