Monday, May 23, 2005

On ne se sent bien qu'à l'intérieur

L'essentiel est invisible pour nous deux.

Quand je regarde ces images de la défloration d'Isabelle par l'Américain, lui qui ignore qu'elle est vierge, elle taisant la vérité, sur le carrelage glacé de cette cuisine du mois de mai 68 vu par Bertolucci, je me demande si je retrouverai un jour cette spontanéité dans le rapport au corps et à l'âme. C'est dans ce baiser rouge sang que l'on ressent toute la chaleur d'une relation qui ne sera plus jamais la même. C'est dans ces jeux puérils et stupides, où l'intelligence n'a pas lieu d'être, où l'affect dépasse le factuel, que je sens au plus profond de moi qu'il est toujours très douloureux d'être spectateur, pire encore d'être critique, à savoir nier son impuissance, mais qu'être acteur est là le plus beau des baisers à la vie.

Ah... mai 2005. Amen 68!