Friday, April 22, 2005

"Everybody wants to bloooooooooow... oh, it's a family affair"

Toute cette histoire de mouvement rock'n'roll sur Paris, de mecs qui croient dur comme phallus que la scène des caves rive gauche n'a rien à envier aux ancêtres de Madchester et Liverpoor, c'est quand même très drôle. Comment des liens désintéressés entre des gens peuvent se transformer en un gonflement de tubes séminifères. C'était, semble-t-il il y a quelques mois, une Famille, des gens qui s'admiraient mutuellement et qui avançaient dans la vie en tentant de s'affirmer chacun et de se sentir bien, en accord avec sa propre vie, en tentant d'en faire une oeuvre, d'Art si possible, dare-dare. Aujourd'hui, basculement total dans les travers du tragique des familles grecques, où Oedipe aurait un nom de band garage anglais, où Jocaste serait une guitare désaccordée et où les amphithéâtres seraient des caves, les Cités, des microcosmes sombres et enfumés. SAUF que ce qui est fascinant dans le tragique, qui fait sa grandeur, c'est cette mécanique de mouvements sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir. Quel intérêt de vouloir provoquer les buzzs? Ecris de bonnes chansons et on t'écoutera.

Un ami me disait dernièrement de façon très joliment tournée, contrairement aux lignes qui sont sniffées sur ce blog: "Vois-tu, le rock'n'roll n'est pas possible, en France, ce n'est pas notre culture... en France, ça fait 50 ans qu'il y a la sécu... il n'y a jamais eu en France une seule ville entièrement au chomage". Le rock'n'roll, c'est l'énergie de l'espoir et du désespoir. C'est viscéral. Au sens, où c'est de la bouffe. Ici, on se prend des drogues et le chou. Est-ce que ça nourrit seulement? Alors, Tu EN veux ou pas? Alors, qu'attends-tu pour prendre ton aller sans retour pour Londres? Même Gainsbourg y a fait quelques pubs anglais en son coeur... pour mieux revenir ensuite.

Je ne fais pas de rock'n'roll. Ou du rock'n'roll romantique en langue nationale. Enfin, peu importe. Non, je ne fais pas de rock'n'roll. La preuve. Mais putain, j'adore ça. Et j'aime les gens qui adorent ça. Même si parfois, ce sont plus des fans de fringues que de musique. Enfin, tu veux faire LE rock'n'roll? Alors, vis ta crise d'ado. Fouts le bordel. N'organise pas. Trouve-toi.

"Mais qui est ce petit con pour parler comme un vieux connard?"

Je vous le dis, c'est une affaire de famille. On est con quand on aime.