Thursday, March 03, 2005

Sleepless nights in Paris

Après six heures de sommeil en trois nuits, un visage ravagé, un vague vacillement incontrôlable, une lutte permanente pour que le corps suive ma fuite en avant et assure mes arrières, il ne restait qu'une solution: couper le téléphone, éteindre l'ordinateur, désaccorder la guitare, mettre un pyjama Cyrillus, préparer une soupe chinoise brûlante au jus de coco, mettre Billie's Blues,et se coucher à neuf heures.

Douze heures de sommeil. Le tour du cadran est joué. J'ai retrouvé ma tête, je vois clair, semble-t-il. Et franchement, il faut que j'avance, avant que la vie ne le fasse, que je me fixe des buts précis, pas seulement: "Dans deux ans, je suis désolé, chers tous, mais les concerts ne seront plus gratuits, vous ne viendrez pas dans les loges, et je ne boierai plus de bière, car voyez-vous dans deux ans, la salle de concert s'appellera l'Olympia, que la place sera à 34,50 euros, et que je suis navré il ne reste que du champagne... ça ira, Eva (c'est Green, ton nom de famille, c'est ça?)?"
Non, de véritables objectifs, au pas à pas. Sortir de l'immobilisme stérile. Et faire le vide, revoir mon répertoire, mon agenda, et garder les fidèles, et les bonnes. Il y a aura des chansons, des amis, et des filles. Je le crois. Je l'ai toujours cru. Et il fera chaud. Et les terrasses seront pleines. Et les lunettes seront de soleil. Et les coca-colas seront citronnés-glacés dans des bouteilles en verre. Et la brise apportera le nécessaire. Et les caresses seront naturelles. Et les phrases seront toujours positives. Et on verra que cela est bien. Et on sera bien.