Friday, March 18, 2005

L'empire des singes

On ne prend jamais trop conscience de l'impact qu'a pu et que peut encore avoir Roland Barthes, célèbre importateur de cultures, sur de jeunes étudiants à vocation intellectuelle. La découverte du Haîku est toujours un choc, et surtout une opportunité. Aucun ne peut résister à la tentation d'exprimer en trois vers sans rimes l'immensité d'un sentiment, d'une sensation, d'une opinion.
Même les Anglais:
"I dig love
In the morning, in the evening,
And I want you to know I dig love."
(Mais c'est pas du tout un Haiku, ton truc. Oh, d'accord, on ne peut plus sourire?)

Pour revenir à notre tracas, la question que je pose est la suivante: si l'on prend en compte que la moitié de la beauté d'un Haîku est perdue dans l'océan de la traduction, un Occidental peut-il prétendre à appliquer ce système poétique culturellement si étranger à son propre système d'écriture, souvent entâché (hélas, oui, mais c'est inévitable! de la même façon que la plupart des yéyés ont été oubliés... sourires) de cette accumulation inexorable de mots (pensez à Hugo, Lamartine, Ponge, même les surréalistes et Eluard)?

Cela dit, j'aime beaucoup ce dernier Haîku, petit éclat d'un des guitaristes les plus talentueux de la scène actuelle (son dernier sur la solitude était sublime, et oui, le mot m'a échappé, mais il n'était pas de lui). Seule limite: je ne comprends pas l'apport de l'allitération en "p" dans un poème dont l'essence même est l'insouciance, et non cette lettre sur laquelle on bute, et qui rend rugueuse une lecture qui se voudrait message de quiétude.

Les 2 petits cons chez les chics que nous sommes seront, dans le cadre des soirées "Underground Cabaret", en concert exceptionnel (l'un de nous deux est actuellement célibataire en Italie) 2 guitares sous le nom de Charlie B & The Baguettes au bar Three (3, rue de l'ancienne comédie métro odéon)Mardi prochain 22 mars à 22h pour la somme à la mode de 5 euros (tarif senior négotiable avec le videur).