Sunday, January 30, 2005

Le Temps

Y a-t-il quelque chose de moi qui demeure constant?
Y a-t-il quelque chose en moi qui puisse défier le temps?
Ou est-ce que je défile, à toute allure,
A cent à l'heure, sans filature?

Y a-t-il quelque chose de moi qui te ferait plaisir?
Je ne serai pas toujours là pour t'en souvenir
Ou est-ce que si tu vibres, en m'embrassant,
C'est parce que je vis, dans le mouvement?

Et tu regardes si dans l'assiette
Il n'y a pas des restes
De moi, et tu bouffes l'indigeste
Pour que s'assoit la misère, la famine, dans les viscères.

C'est pas une vie saine
Que de ne rien laisser derrière soi
Et ça amène au tout Dernier Repas
Celui où l'on crève à la fin sans savoir et sans sourire.

Y a-t-il quelque chose de moi qu'on pourrait guérir?
Que les pièces détachées aient au moins une histoire!
Ou est-ce que j'abandonne la grosse bedaine
Dans le formiol et ferme ma gueule?