Sunday, January 16, 2005

Le nouveau rock'n'roll en français

Ca se passe régulièrement à l'Autobus Café, circa le Cirque d'Hiver. Mais c'est toujours imprévu. Pour le savoir, il faut soit être un poivrot, soit avoir beaucoup d'amis. Moi, je ne sais toujours pas comment j'ai été mis au courant.

Hier nuit, c'était une centaine de fous sous substance éthylique, cette fameuse bière Record à 7,5°, dans un lieu pourtant minuscule qui se prit pendant 6 heures à hurler de joie ou chanter comme Johnny, danser collé-serré ou collé-cogné, s'embrasser comme des enfants ou comme des amants, changer de partenaires de discussion ou de sensation, se serrer dans les bras ou annoncer le branlebas, se confesser soudain au creux de l'oreille, casser un verre ou grimper sur une table puis de nouveau s'hystérier autour de deux accordéons et deux accordéonistes, une guitare (la mienne, avec son guitariste) non branchée (la soirée l'était, pas d'inquiétude), et un trombone dont le tromboniste tenait parfois debout. Paris brûlot. Paris, go. Pierrot. Et la lune...

Pierrot, le magnanime tenancier, avait peur pour son bar. Jamais je ne l'ai vu autant se prendre la tête dans les mains avec ces ébauches de regard désaspéré, mentir sur le fait que les flics faisaient des rondes autour de son échope,imposer des trêves musicales de plus de 5 minutes afin de ménager les ménages voisins, et être sérieux plus de 30 secondes par minute.

Faire du bruit et montrer ses fesses à la vieillesse, braver l'autorité et lutter pour une liberté d'apparat, sombrer dans le pathos: n'est-ce pas cela le rock'n'roll EN français?